Michael et William, fondateurs de l’agence L’Immobilier sur Mesure, reviennent sur la hausse des prix que connaît Vincennes depuis plusieurs années. Avec des niveaux de vente records et des perspectives incertaines. 

Quelle est la tendance actuelle des prix immobiliers à Vincennes ? Comment l’expliquer ?

Michael La Rocca : « Les prix de l’immobilier vincennois n’ont jamais été aussi hauts. Nous vendons désormais des biens au-dessus de 10 000 euros le mètre carré dans l’hypercentre, et le Carré Magique bat des records inégalés, avec des appartements qui flirtent les 15 000 euros le mètre carré. »

William Boukobza : «Vincennes est devenu un arrondissement de Paris, avec ses arrêts de métro, de RER et ses nombreuses lignes de bus. La qualité de ses infrastructures (écoles, commerces, tous services) et ses espaces verts en fait un lieu de vie privilégié pour les familles et les couples aisés. »

Comment se passent les ventes immobilières à Vincennes ?

Michael La Rocca : « Après une estimation la plus précise possible, nous savons que lorsque nous mettons en vente un bien, il pourra partir en moins d’une semaine. 70% des acheteurs à Vincennes sont des parisiens prêts à payer pour la « marque » Vincennes : ils sont disponibles immédiatement pour les visites et ne cherchent pas à négocier les prix, sachant que le potentiel acheteur suivant fera une offre au prix. »

William Boukobza : « Et c’est encore plus vrai lorsque nous mettons en vente une maison, ces dernières ne constituant que 5% du parc immobilier mais étant extrêmement recherchées par les couples et, à fortiori, les familles avec enfants. Conséquence : les prix peuvent exploser sur les maisons de villes et les (rares) pavillons individuels de la ville. »

Qu’attendre de l’immobilier vincennois dans les prochains mois ?

Michael La Rocca : « Les prix ne devraient pas baisser, car le marché vincennois est assez dense, sans (presque) aucune construction neuve si ce n’est dans l’habitat social. Néanmoins, cette hausse continue des prix va probablement s’arrêter car nous allons arriver à une saturation de la demande, les accédants n’ayant pas acquérir à Vincennes se reportant sur d’autres communes alentours (Saint-Mandé, Fontenay, l’est parisien). »

William Boukobza : « D’autant plus qu’au niveau macro-économique, les taux d’intérêts ne semblent pas partis pour remontrer cette année, la BCE restant prudente (voire frileuse) par rapport à la conjoncture. Or, les hausses de taux d’intérêts poussent les prix immobiliers vers le haut. On se dirige plus vers un scénario de stagnation. »

Michael La Rocca : « L’immobilier va probablement continuer de battre des records, mais on peut néanmoins s’attendre à une forme de stabilisation dans les prochains mois, avant peut-être une baisse plus lente comme on commence à l’observer dans certaines banlieues franciliennes plus lointaines. »